@Kornel Esti : C'est vraiment une question intéressante, ton post a mis mon cerveau en ébullition alors merci pour ça c'est trop agréable 
Je pense que comme toujours c'est une question de juste milieu. Souvent, quand les classes supérieures essaient de valoriser les pratiques populaires j'ai l'impression qu'il y a une sorte de romanticisation (ou comme le dit @Cépamoi de "mystification") de la pauvreté qui est tout sauf bénéfique pour les classes populaires. C'est le fameux "ils n'ont rien, pourtant ils donnent tout" et le "ils savent se contenter de ce qu'ils ont" qui s'appliquent autant aux classes populaires "de chez nous" qu'à celles des pays en développement, il y a un côté "bon sauvage" qui me fait grincer des dents. C'est une façon de prôner l'ordre établi et que celleux en dessous de nous y restent. En revanche, quand je vois des gens promouvoir le fait de réparer plutôt que remplacer, manger les légumes moches ou le fait de faire les choses soi-même comme s'ils venaient d'inventer quelque chose de révolutionnaire, bah ça me rend très amère aussi. Toutes les "astuces de grand-mère" qui sont valorisées dans les milieux zéro déchet et écolos, c'est des trucs que mes grands-mères faisaient faute de mieux. D'ailleurs je me demande s'il n'y a pas un peu une opposition entre "les bons pauvres" du siècle dernier qui ont ce côté pittoresque qu'on aime bien et "les mauvais pauvres" d'aujourd'hui qui se sont retrouvés embarqués dans le capitalisme et qui essaient de leur mieux d'imiter les classes moyennes & supérieures. C'est l'opposition entre le bon sens paysan ou ouvrier, qu'on peut admirer et prôner d'autant plus qu'il correspond à une version idéalisée de personnes qui sont mortes pour la plupart, et les beaufs d'aujourd'hui qui sont des personnes réelles plus dures à faire rentrer dans le petit cadre où on voudrait les mettre.
Bref je divague complètement, je voulais dire un truc en rapport avec la conversation à la base
Ah oui ! Quand on parle de la culture des classes populaires je pense que c'est important de se rappeler que même si les conditions dans lesquelles elle se développe sont en effet des conditions précaires, de domination et de manque, les individus qui la créent et la recréent en permanence ont quand même une capacité d'action et une individualité. Ce n'est pas le manque en lui-même qui crée la débrouillardise et l'économie des ressources, comme si c'était une réaction mécanique ou chimique, c'est l'intelligence et les choix des personnes placées dans cette situation. Je suis assez persuadée qu'un certain nombre de valeurs et de caractéristiques de la culture populaire peuvent persister même dans une situation qui leur est plus favorable et on n'est pas obligé·es de les analyser en termes de manque, on ne subit pas notre environnement, on l'adapte et on s'y adapte et c'est tout aussi fou que quand c'est les riches qui le font !

Je pense que comme toujours c'est une question de juste milieu. Souvent, quand les classes supérieures essaient de valoriser les pratiques populaires j'ai l'impression qu'il y a une sorte de romanticisation (ou comme le dit @Cépamoi de "mystification") de la pauvreté qui est tout sauf bénéfique pour les classes populaires. C'est le fameux "ils n'ont rien, pourtant ils donnent tout" et le "ils savent se contenter de ce qu'ils ont" qui s'appliquent autant aux classes populaires "de chez nous" qu'à celles des pays en développement, il y a un côté "bon sauvage" qui me fait grincer des dents. C'est une façon de prôner l'ordre établi et que celleux en dessous de nous y restent. En revanche, quand je vois des gens promouvoir le fait de réparer plutôt que remplacer, manger les légumes moches ou le fait de faire les choses soi-même comme s'ils venaient d'inventer quelque chose de révolutionnaire, bah ça me rend très amère aussi. Toutes les "astuces de grand-mère" qui sont valorisées dans les milieux zéro déchet et écolos, c'est des trucs que mes grands-mères faisaient faute de mieux. D'ailleurs je me demande s'il n'y a pas un peu une opposition entre "les bons pauvres" du siècle dernier qui ont ce côté pittoresque qu'on aime bien et "les mauvais pauvres" d'aujourd'hui qui se sont retrouvés embarqués dans le capitalisme et qui essaient de leur mieux d'imiter les classes moyennes & supérieures. C'est l'opposition entre le bon sens paysan ou ouvrier, qu'on peut admirer et prôner d'autant plus qu'il correspond à une version idéalisée de personnes qui sont mortes pour la plupart, et les beaufs d'aujourd'hui qui sont des personnes réelles plus dures à faire rentrer dans le petit cadre où on voudrait les mettre.
Bref je divague complètement, je voulais dire un truc en rapport avec la conversation à la base

Ah oui ! Quand on parle de la culture des classes populaires je pense que c'est important de se rappeler que même si les conditions dans lesquelles elle se développe sont en effet des conditions précaires, de domination et de manque, les individus qui la créent et la recréent en permanence ont quand même une capacité d'action et une individualité. Ce n'est pas le manque en lui-même qui crée la débrouillardise et l'économie des ressources, comme si c'était une réaction mécanique ou chimique, c'est l'intelligence et les choix des personnes placées dans cette situation. Je suis assez persuadée qu'un certain nombre de valeurs et de caractéristiques de la culture populaire peuvent persister même dans une situation qui leur est plus favorable et on n'est pas obligé·es de les analyser en termes de manque, on ne subit pas notre environnement, on l'adapte et on s'y adapte et c'est tout aussi fou que quand c'est les riches qui le font !