J'ai un enfant en crèche, je suis enceinte (donc bientôt 2 en crèche eheh) et je vis à Paris avec un salaire (et un loyer) assez confortables. Et je suis très régulièrement à découvert et n'ai quasiment aucune épargne : je n'arrive pas à mettre de côté sur mon budget mensuel, quand je mets de côté c'est par exemple mon intéressement (~1000€/an) qui me sert la plupart du temps à payer une avocate (j'ai un litige juridique en cours) ou des charges de copro. Malgré ces contraintes, je n'arrive pas à me restreindre : j'aime acheter des vêtements pour moi (ex : pour ma 2ème grossesse, j'ai dépensé au moins 60€ de vêtements alors même que j'avais déjà un stock), pour ma fille (hop un petit sweat par-ci par-là, souvent en seconde main ou promo mais rarement à moins de 10€), pour mon futur bébé (là aussi, alors que j'ai un stock).
J'achète des viennoiseries, je sors déjeuner dehors environ une fois par semaine avec une amie et dîner au moins une fois par mois avec mes amis, je fais des activités parfois payantes avec ma fille (ex : la piscine), j'ai une cigarette électronique, des abonnements à la VOD parce que je regarde beaucoup de séries/films le soir etc.
Entre les contraintes réelles et les dépenses impulsives, je suis quasiment toujours dans le rouge et c'est à la fois lié à mon mode de vie et à ce côté complètement compulsif que j'essaie de comprendre et de contrôler.
Mais, moi, je me considère un peu comme malade finalement. Je ne fais pas de ma situation une généralité bien entendu mais je me considère presque comme malade pour trois raisons :
- les conséquences de mon comportement de consommation sont parfois dommageables (j'emprunte parfois de l'argent à mon mec par exemple ou je ne peux pas prévoir certains travaux parce que je n'ai pas l'épargne nécessaire)
- je me rends malade d'anxiété à me mettre à découvert très souvent
- j'ai beaucoup beaucoup de mal à me contrôler (j'ai essayé les périodes blanches, et j'ai forcément un craquage).
Mon psy et moi avons même des échanges sur le sujet et je ne trouve pas qu'il soit si délicat de me considérer malade dans la mesure où 1/ la société de consommation est partout, on est littéralement poussés à consommer sans arrêt, à ressentir des besoins nouveaux, des pressions sociales etc. 2/ ça me permet aussi d'identifier un problème donc de chercher des causes et des solutions adaptées, ce qui n'est pas si mal finalement.
Souvent, je me dis que je vis au-dessus de mes moyens (ex : je rentre de 10 jours de vacances dans un pays étranger). Et je rencontre d'ailleurs très peu de gens qui partagent un peu cet aspect de ma vie (voire même le comprenne, souvent je suis considérée comme irresponsable juste, trop sympa).